Equitation de travail
 


  
L’équitation de travail est une discipline assez jeune, née en Europe dans les années 90 et dont l’initiative revient à l’Italie. L’Espagne, la France et le Portugal y adhèrent plus tard. Lors du dernier championnat d’Europe, l’Angleterre, la Suède et la Belgique y participaient également.
L’équitation de travail est inspirée du travail dans les champs et principalement au sein du bétail : mener un troupeau de bovins ou isoler une bête.
La prestation du cheval est différente de celle exigée dans les sports équestres classiques comme le dressage ou le saut d’obstacle. De nombreux changements imprévus de direction et de rythme sont nécessaires pour suivre une bête fuyant ou chargeant, ainsi que des déplacements latéraux importants pour ne pas perdre des yeux l’animal. Une monture calme et soumise est indispensable puisqu’il y a en jeu un tiers qui profite de la moindre faiblesse pour fuir ou charger et dont les cornes représentent un certain danger.
 

 
Pour en faire une discipline sportive, les gestes des vachers ont été stylisés et codifiés afin de pouvoir les juger. Des « efforts » ont été imaginés collant le plus possible à la réalité et exigeant les qualités d’un cheval travaillant au sein du bétail (soumission, agilité, vivacité et rythme).
Tout le parcours s’effectue au pas ou au galop. Les vachers tenant habituellement dans la main droite une perche plus ou moins longue, toute la conduite du cheval se fait avec les deux rênes dans la main gauche, seules la rêne d’appui et l’assiette viennent en aide pour diriger sa monture. L’autre main, si elle ne tient pas la garrucha (Espagne), la vara (Portugal) ou le trident (Camargue) est posée sur la poitrine ou sur la cuisse. Lors des représentations ou des concours, le costume traditionnel, différent selon le pays est de mise : portugais dans l’équitation à la portugaise, andalou dans la doma vaquera, camarguais en équitation camargue.
 
 
 
Un entraînement type comporte du dressage où le cavalier menant sa monture d’une main l’oblige par des exercices adéquats à se mettre sur les hanches, à effectuer des transitions harmonieuses du galop au pas, des arrêts nets et des départs fulgurants au galop. Sont également travaillés tous les déplacements latéraux, les pirouettes au pas et au galop.
La maniabilité est améliorée en exécutant des « efforts ».  L’ouverture d’une barrière de la main droite sans la lâcher en est un exemple et nécessite un mouvement latéral pour l’ouvrir, ensuite une rotation en marche arrière en prenant la barrière comme pivot, et un mouvement latéral dans l’autre sens pour la refermer. Tout ceci doit être réalisé en gardant le rythme et sans hésitation. Un slalom effectué autour de trois tonneaux placés en triangle à 4 mètres l’un de l’autre est un autre type d’ « effort ». Le sens de rotation changeant à chaque tonneau nécessite équilibre, changement de pied en l’air et tournants serrés. Le calme et l’obéissance du cheval sont aussi travaillés au sein d’ « efforts » tels que  la « cruche d’eau » (arriver au galop, arrêter au niveau d’un tonneau sur lequel se trouve la cruche, la prendre en gardant le cheval immobile, la poser et repartir au galop) ;
Dans l’exécution de ces efforts sont côtés non seulement le résultat final mais aussi la qualité d’exécution, l’allant du cheval et sa soumission.



Le tri du bétail est le troisième volet de l’entraînement. Il faut apprendre à isoler, surveiller et mener une bête en modulant le rythme du cheval sur celui du bétail : demander à certains cavaliers de simuler le bétail, utiliser un cheval en liberté ou s’entraîner avec des vaches sont diverses solutions. La dernière est de loin la meilleure mais pratiquement la plus difficile à réaliser !
 

 
 Un concours d’équitation de travail comporte 4 épreuves :
-le dressage au pas et au galop,
-la maniabilité comportant une série d’ « efforts »,
-la vélocité où contrairement à l’épreuve précédente, le facteur temps devient prépondérant,
-le tri du bétail.
 
 


 
 
ETAP (Equitation de Travail- ArbeidsPaardrijden) est née en 2003-2004 à l’initiative de quelques uns dont Luc Decafmeyer et Christophe Sergeant. Eleveurs de pur sang lusitaniens et ayant assisté au fils des ans à l’évolution de l’équitation de travail au Portugal, ils ont eu l’idée d’introduire cette nouvelle discipline en Belgique. Avec des moyens modestes, beaucoup de bricolage et de créativité, ils ont initiés leurs élèves et organisé des concours. Au début les chevaux étaient déconcertés par ces « efforts »et les cavaliers désemparés malgré leurs instructeurs pleins de bonne volonté mais tout aussi novices. Très rapidement tous ont compris que cette discipline paraissant ludique et facile nécessitait une grande maîtrise pour la mener au stade de compétition. Des stages de dressage et de maniabilité ont été organisés et tout récemment de tri du bétail, l’un en Belgique afin d’initier les participants aux règles et consolider les acquis, l’autre en Bourgogne chez Denis Prieur, ancien champion de France d’équitation de travail.
Dès 2005, 4 concours (3 épreuves : dressage, maniabilité et vélocité) sont organisés par saison dans différents centres équestres de Belgique.
En novembre 2007, la Ligue Equestre Wallonie Belgique, reconnaît cette nouvelle discipline et donne mandat à Luc Decafmeyer et Christophe Sergeant pour tout ce qui concerne le développement et la représentativité belge et internationale d’ETAP.
Depuis 2008, les concours nationaux comprennent une épreuve «  tri du bétail » pratiquée en équipe et ne comptant pas pour le résultat final.
Au fil des ans, les juges ont pu apprécier les progrès immenses réalisés aussi bien en dressage qu’en maniabilité. En 2007, l’équipe belge composée de Paula Godwin, Jessica Hanicq, Florence Monseu et Jodie Monseu, a participé pour la première fois au Championnat d’Europe d’Equitation de Travail.
 

 
Pour plus d’informations : consulter le site www.abel-lusitano.be, rubrique équitation de travail.









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